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Chant 5

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Chant V — La Tentation

Il est revenu, ce frémissement ancien,

non comme un cri, mais comme une offrande.

Rien d’excessif, rien de trop humain,

seulement l’appel doux de ce qui demande.

Ce n’était ni manque ni défaillance,

plutôt une question laissée ouverte,

un pas possible hors de la distance,

une chaleur encore incertaine.

Le désir n’a pas haussé la voix,

il s’est présenté avec mesure,

comme s’il savait déjà de moi

la rigueur et la fissure.

J’ai reconnu sa forme exacte,

sa patience, son art discret.

Il ne cherchait pas l’impact,

mais l’instant où l’on cède en secret.

Je ne l’ai ni chassé ni suivi.

Je l’ai laissé prendre sa place,

non comme maître de ma vie,

mais comme épreuve qui me dépasse.

Car céder n’est pas toujours choir,

et résister n’est pas fuir.

Il est des victoires sans gloire

où l’on choisit simplement de tenir

Assistant éditorial

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