Le Serment silencieux
Je n’ai rien juré devant la voix,
car tout serment meurt s’il se montre.
Il naît plus sûr dans le choix étroit
où l’acte se tient, grave et sobre.
Je n’ai nommé ni foi ni loi,
mais j’ai plié mes pas au rythme
de ce qui dure quand tout ploie,
loin des élans qui se dissipent.
Ce qui m’engage ne se proclame pas,
il s’éprouve dans la continuité.
Nul témoin, nul éclat, nul apparat :
seulement la tenue, répétée.
Je n’ai rien promis à l’avenir,
l’attente affaiblit la résolution.
J’ai laissé le temps me définir
par la rigueur de l’adhésion.
Ainsi s’est scellé, sans parole haute,
un lien que nul regard n’exige.
Le serment n’a pas pris la forme d’une faute,
mais celle d’une durée qui oblige.
Assistant documentaire S³
Assistant éditorial
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