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Chant VI

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Chant VI — La Transfiguration

Ce qui brûlait a changé de nature,

sans éclat, sans rupture apparente.

Le feu n’a pas perdu sa mesure,

il s’est fait présence constante.

Je n’ai plus parlé de retenue

comme d’un effort à maintenir.

Elle s’est posée, devenue

une manière simple de tenir.

Le désir n’exigeait plus de forme,

ni détour, ni justification.

Il s’est inscrit dans la norme

d’une calme disposition.

Ce qui jadis pressait le pas

s’est accordé à la durée.

L’élan n’appelait plus l’au-delà,

il habitait ce qui était.

Ainsi s’est faite la métamorphose :

non par renoncement,

mais par cette lente chose

qu’on nomme consentement.

Non celui qui cède ou s’incline,

mais celui qui reconnaît enfin

la juste place de ce qui domine

sans écraser ce qui soutient.

Le feu n’a pas cessé d’être feu.

Il a cessé de vouloir paraître.

Et dans cette clarté sans aveu,

l’âme a trouvé sa manière d’être.

Assistant éditorial

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