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Sand

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Sand

Le 14/12/18

Cela me devient insupportable. Depuis une éternité, chaque jour je me dis :
aujourd’hui je lui dirai tout, et je repars dans la nuit étreint par cette
même nostalgie, ce repentir, cette peur et ce bonheur dans mon âme. Chaque
nuit, comme maintenant, je passe en revue le passé, je suis tourmenté, j'ai
le cœur enflammé de glace et je songe : pourquoi ne lui ai-je pas dit, que
lui aurais-je dit, et comment ? J’emporte cette lettre dans mes pensées
pour te la donner, s'il ne m’est pas possible ou si je n’ai pas ma force
d’âme de tout te dire, Que j’aille très loin, en train, en avion, sous la
mer, par la terre, j’ai l’impression que jamais je ne pourrai arriver
jusqu’à toi, puisque la distance qu'il y a entre nous n'a d'égal que la
peine que mon coeur qui submerge de ton absence

Sany, sany, ma poupée, ma puce, fais sonner les grandes cloches parce que
je ne peux pas respirer. J’ai grossi en attendant la houle qui va te
ramener. Je tombe avec les feuilles, avec la pluie, avec mes passions de
fête, continuellement je tombe les secondes qui s'envolent sans la
poussière du temps. Je ne peux pas marcher à force d’attendre le moment où
je reverrai tes yeux, ronds comme des fleurs, brillantes comme les étoiles
et claires telles une pleine lune.

e désire te parler sans ordre du jour, sans prétexte, sans rien de
préconçu. Être là, en face ou près de toi, faire-jaillir les mots-caresses,
les mots porteurs d’offrande, invoquer, évoquer tout ce qui nous concerne,
continents, humains, forêts en marche, arbres de notre tendresse. Écouter
avec toi le silence où germent immédiatement nos mots, où prennent racine
nos visions. Écrire comme ce fourmillement de la sève en chacun de nous
lorsqu’il devient intenable de ne pas s’abandonner à l’autre, le rejoindre
dans son intensité, l’élargir à ses propres confins. Écrire comme un acte
d’ensemencement, lorsque terre et soleil se dépassent en tant qu’éléments
pour éclater et s’unir dans l’apothéose de la vie féconde. Écrire comme une
résurrection du corps et de l’intelligence, je t'écris aujourd’hui, poussé
par un besoin sentimental, un désir aigu et douloureux de te parler. Comme
on peut le déduire facilement, je n’ai rien à te dire. Seulement ceci que
je me trouve aujourd’hui au fond d’une dépression sans fond. L’absurdité de
l’expression parlera pour moi. Ne compte plus me trouver sain d’esprit.
Finissons-en avec la raison.

Penses-tu capable de comprendre mes maux ? Je te vois, tout près de moi,
mes yeux hypnotisés et plongés dans ton regard, ma main innocente caressant
tes cheveux pianissimo, mes lèvres chaudes comme la braise cherchant les
tiennes pour venir s'écraser affectueusement et quelques instants plus tard
elles déposent des doux baisers frileux sur ta peau…

———————–
Shïtõ3

Assistant éditorial

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