Lettre d’ouverture — quand l’encre hésite, et que le silence apprend à parler avec noblesse.
« Prunelle des anges, je cherche comment et avec quoi commencer une vraie lettre… »
Ce texte est une porte.
On n’y entre pas avec des certitudes, mais avec une voix tenue,
une élégance fragile, et cette conscience rare :
celle de ne pas vouloir dire trop peu… ni trop mal.
Ici, l’amour ne se jette pas.
Il s’annonce.
Il prend son rang, puis s’avance.
Comment magnifier l’horizon à l’Aube si le ciel est timoré ? Comment au printemps dessiner son paysage si Cybèle reste endormie ? Comment montrer à la Dame son Art si toute Peinture sur sa Toile elle refuse ? Sur le Doute luisent les pensées de la Majesté est-ce que l’Enfer mérite le Démon qui l’envoute ? Comment chanter sans offenser l’écoute de l’Hirondelle Les Notes de la Nuit ? Comment dire des phrases qui sauront caresser les yeux étincelants de la Muse ? Comment crier et où si les oreilles du Cœur de la Brise enjouée est sourde ? Quand l’Orion est aveugle comment éblouir l’admiration d’Hemera ? Si Yona s’enténèbre dans les vals de Gaia Shito pourra-t-il bruir ses confusions ? Aiôn erre de pas silencieux cependant, qui peut empêcher son Echo bruire l’Impatience ? Sans Instruire comment Maudire ? Comment Punir Le Passion-Né si malgré lui il est enchanté de Désirs ?
Prunelle des anges, je cherche comment et avec quoi commencer une vraie lettre, mais, je ne trouve rien, je cherche de grandes phrases à te dire et à combler ton admiration, des mots milords pour te rendre ébahie voire même te séduire et pourtant, mon alphabet reste muet, je t’en conjure, essaie juste de me comprendre ! Je sais que c’est une impolitesse de la part de ma personne de s’exprimer de la sorte à ton honneur, je ne mérite pas que tu me parles voire accepter ces mots, cependant, je suis pas du genre très classique et respectueux, je ne sais pas suivre les règles à la lettre, sans mentir je sais tout à fait que ces paroles ne valent pas ton attention, elles te répugnent, je sais, je ne sais pas employer les bons mots à la bonne place, diriger les lettres à la bonne direction pour écrire convenablement des paroles qui plaisent à ta douceur, je ne sais me prosterner devant une grandeur lorsque sa souveraineté m’apprivoise pour implorer sa clémence, je suis insensible à… je ne sais pas livrer mon coeur lorsqu’un amour le réclame, je ne sais dans quelle source me noyer pour m’abreuver cette soif infinie de te chanter des mots mielleux qui viendront se tapir dans ton cœur délicieux, je ne sais pas de quelle couleur colorier ma Brume si dans ton Océan je suis plus sous l’effet de l’ivresse des profondeurs.
Déjà, deux univers différents on partage, deux mondes plus ou moins opposés et inverses, tu habites les étoiles, tu vis avec les fées, la nuit tombée, les rossignols te chantent l’allégresse du paradis, la lune elle-même te jalouse car, le papillon perd son envole dans l’éclat de tes yeux illuminés par la nitidité de ton sourire, tu ouvres la bouche pour chanter les sirènes se taisent pour savourer les symphonies de ta voix enchantée, qui peut oser résister à tes chansons mélodieuses ? Les dieux et Démons s’enchainent dans les Notes exaltées de ton corps, comment ne pas me mettre à genoux quand sur ma fleur flétrie ton Abeille honorée se pose ? Par ta féminine Poésie Le soleil est séduit c’est pourquoi tous les jours à midi il reste au zénith, pour toujours il désire de se réveiller car, il sait malgré ses peines illimitées et tous les maux du monde il aura pendant une fois au moins au cours de la journée le droit de se poser sur ton doux petit visage radieux, quelle serait le bonheur du printemps si te voir ne faisait grandir les fleurs ? L’hiver ne serait-il pas mortel si ton cœur chaleureux ne réchauffait son âme ? Que dire de l’automne et de l’été ? Les saisons seraient-elles pas défuntes si elles ne vivaient pas au dépend de ta grâce majestueuse ? Et moi, qui je suis? Je ne suis qu’un Pécheur, je loge aux côtés des Damnés, aux Maudits et aux sans vie, le jour lorsque la lumière auréole de nouvelles images à l’horizon qui jouit, moi, Éther’N-L Esseulé tristement je me déambule les ténèbres de l’oubli, je vis au quotidien ce que la Souffrance délaisse à la Solitude, lorsqu’une étoile filante danse loin des sourire de Varda, je ne cesse de faire le voeu d’adonner mon… à la femme parfaite, du coup une nuit Erinti m’est apparue et elle m’a offert la Fleur du désert où il est écrit : » La Prophétie n’a pas menti. » depuis, je me noie dans les envies de retrouver la Mab qui saura asservir Doriath, je sais pas si c’est Tyché ou si c’est Elpis, néanmoins, je remercie le ciel de m’avoir fait grâce de ta présence, où sous l’effet du sort jai été aveuglé par ton Imperfection parfaite et ton Aura digne d’être adulée.
Chère gente Dame, acceptes-tu de m’ouvrir les portes de toutes tes amours pour laisser naviguer loin des vagues des peurs cette passion que je t’offre? Voudrais-tu m’offrir les délices de ton coeur? Veux-tu m’apprendre comment t’aimer sans faire souffrir ta délicatesse? Si tu vois que je te suis inconnu viens vers moi, ordonne-moi de te conduire près des eaux paisibles où coule le Narsillon des addictions! Je ne te demande rien qu’une chose et c’est la seule pour le moment, veux-tu me faire une réponse à cette lettre précipitée? Je ne te demande pas d’être rhétorique ni d’être envoûtée par les phrases seigneuriales, je souhaite uniquement que tu m’ répondes…