Saphir

Lettre précieuse — un appel bleu, une fièvre tenue, un désir qui ne s’excuse pas.

« Où tu es ?… »

Saphir est une lettre d’absence lumineuse.
Ici, le manque n’est pas une plainte :
c’est une présence insistante, un éclat qui traverse la nuit sans se briser.

Le narrateur ne mendie pas l’amour.
Il le reconnaît — comme on reconnaît une pierre rare :
froide au toucher… mais brûlante au cœur.

Où tu es en ce moment ? Où ta présence caches-tu? Pourquoi silencieuse, ton manque de voix me tue? Plongé dans mes souvenirs, je remémore mon tourment, délicatement je délecte chaque seconde continuellement du jour où Tyché s’est mis à me branler souriamment, ce jour-là, vêtu de sa splendeur Hélios brillait sans arrêt, il réchauffait la sphère où se trouvait toi, où se trouvait moi, où se trouvait Nous, Nous Deux, qui aujourd’hui allons devenir Amoureux. C’est encore l’hiver pourtant je sentais la floraison dans mon cœur, u-ne petite chanson m’envahit et voilà c’est toi qui m’es apparue, un visage innocent, un corps insouciant, toute ton aura angélique épousait l’espace, rien qu’en quelques instants tu m’as fait fléchir le cœur depuis je suis infichu de m’abstenir de penser à toi, que tu sois pour un autre, que tu sois seule je te veux uniquement pour moi, voilà, je t’aime et c’est comme ça !

Une fois encore, je cris viens à moi Petite hirondelle, n’habite pas seulement mes songes, viens te blottir dans mes bras, ne laisse pas le froid t’emparer le cœur dans ce vulgaire monde où l’amour est sombre ! J’écris des lettres passionnées sur les pétales sans nombre. Viens que je te couvre de tendresse et que je te baise des plus doux baisers de mes lèvres, si t’es une Bouillante Sirène, ne t’en fais pas, ne  t’inquiète pas, j’inonderai tes envies sexuelles à chaque fois, précisément, à petit pas, je te ferai voir les anges sur la pointe de mes doigts à chaque note de Chopin que je jouerai sur ton piano moite, tu n’ sauras garder ton sang-froid lorsque mon souffle balaie ta nuque, ou ma bouche te susurre des mots doux à tes oreilles audacieuses. Pourrais-tu résister si j’écarte tes jambes lentement pour que je passe ma langue humide et froide sur ta peau, depuis tes cuisses jusqu’à la pointe de tes seins, oui tes seins, ces petites mignonnes sources de jouissances qui m’attirent carrément, je te les sucerai minutieusement tout en te les mordillant, je te lècherai depuis le long de ton échine jusqu’à ton cou, et je te caresserai digne d’une hirondelle nympho, toi-même tu me remercieras et tu m’en demanderas toujours et encore. Quand la nuitée s’en est allée, le soleil infatigué repeint le ciel étoilé, les nuages jaloux recouvrent notre vallée. Je pense à toi et je me laisse dans mes rêves emporter par mes désirs exaltés, j’implore à Sunie, la déesse de l’amour d’au moins écouter mes souhaits, car, cette fois trop attendre est un faix, disons, trop t’attendre m’est un faix,  j’allume un cierge, dans l’ombre de mes Mõs, je récite ma prière à la Vierge afin qu’elle entende mes Maux.