Nël

Lettre d’ancrage — quand le rêve se retire, et que le réel reprend son rang.

« Réaliste, rationnel je n’ai pas été… »

Nël est une confession sans bruit.
Ici, l’âme reconnaît ses excès, ses illusions, ses constructions trop belles —
non pour s’humilier, mais pour se remettre debout.

C’est une lettre de maturité :
celle qui comprend que la vérité peut être froide,
mais qu’elle reste la seule manière d’aimer sans se perdre.

Il a fallu que tous mes rêves m’accouchent le Vrai loin de la féerie et que sur mon sommeil l’aube se réveille pour découvrir le bonheur qui habite l’inattendu. Hier encore, dans le silence des pensées folâtres j’étais empoisonné par le désir que m’avait peint Mõs au sujet de la Reine Sylphide, c’est tellement plus beau et doux et plus tendre de se passionner de cette toile que de voir ses yeux remplir La  » Dame Réelle », cette Toile qui est un Chef-d’œuvre, une plus grande Œuvre-d’ art n’a et ne possède la moindre imperfection, c’est une création summum dont son créateur lui-même jalouse, de ses yeux l’aurore jouit quand les étoiles désirent de se reposer, dans sa voix harmonieuse et amoureuse qui fait valser Cybèle, que Orphée me dément si la résonance de sa mélopée ne mérite pas plus d’adoration que l’hymne frigide des muses, si les sirènes dans leurs chants ne sont que des mirages, sur ses lèvres rose la rosée glisse et dort rien que pour attirer l’envie, elle sourit , on voit déjà le paradis, Eos épouse ses pas, les hirondelles clament ses Gloria et je n’ pouvais qu’être éperdu de tout ça.

Et voilà Nël m’est apparue. Dans mon addiction elle commence à m’apprendre comment être, sans devenir. Elle m’enseigne, me fait grandir. Dans sa toute Imperfection, loin de mes constellations, elle me dessine à sa façon une nouvelle définition de la  » Passion ». Elle contemple admire mes qualités et choie encore plus mes défauts, du coup, je n’ai choix que de m’éloigner de mes D-Faux.

REGRET,  eu je n’ai jamais je pense que j’en aurai pas mais, si seulement je pouvais revenir à la  » Case Départ », faire un Pas en arrière, j’irais directement au printemps, au temps des rêves, à l’époque où la Monarchie était aux Papillons, époque où Azur allait conquérir Doriath, le temps où l’hiver faisait rêver l’Oisillon, rien que pour réveiller Loríen de Son Rêve, pour lui dire que Nienna sera pas à son Réveil , qu’Artémis tiendra pas sa Parole, que Üirgo perdrait sa valeur, lui dira de l’infidélité de Vesta naîtra Shitõ.

Ô oui! Si uniquement je pouvais voir Aiôn je lui dirait de te faire naître à l’aube non pas maintenant, ça m’aurait évité ces heures éternelles que j’ai passées à te chercher dans des rues interminables en compagnie de ses ombres qui pleurent et ses ténèbres esseulées, à errer des automnes éplorés, à demander à la lune ingrate la chance d’épouser ses filles, je n’aurais pas à colorier le ciel de mes envies quand les étoiles refusent d’aller me quérir une joie.

                                  Chère Nël:

En Amour, tu m’as tout appris, je ne t’ai jamais rêvé, à toi jamais pensé ni même imaginé, je ne t’ai même pas cherché, et pourquoi tu m’as envoûté ? J’étais trop consacré dans Les temples de Sunie et de Mab, comment pourrais-je te voir si j’étais tout le temps aveuglé par la Nitidité de leur affliction, je m’sens coupable de t’avoir ignoré, pourrais-tu me pardonner? Réaliste, rationnel je n’ai pas été, je me remplissais de rage d’amour pour la  » Femme de tous mes Rêves » sans penser pour avoir cette femme-là il faudrait que je sois Mort ou être endormi pour toujours, ce qui m’aurait coûté ma raison de vivre et qui serait égoïste de sa part, et c’est ce que j’ai compris le jour où tu m’as demandé : « Pour quelle raison devrait-on avoir un Tout de Rêve qui ne peut être dans la Réalité ? Ou vivre pour un Myrte qui jamais n’aura de vie? » Cependant, les rêves ne m’ont pas quitté, d’une nuit à une autre, j’étais passé de La fille de tous mes Rêves à Sâbyat de mes rêves. Chaque nuit avant qu’Hypnos s’emparait de ma vue je mettais toutes mes contemplations, contempérations à nues et je parais de saphir l’heure de ta venue, même quand je dormais pas, je te cherchais comme si je cherchais Mu, et puis, une nouvelle fois t’es apparue, tu m’as démontré que Mu n’est qu’une partie des conte à la lune, en l’apprenant, j’avais laissé mon corps pendant un temps à : Khoreos, Jô, Xęx,  Llē, puis Ïnjõ, Phì, Shï, à la fin Ëll et Lö, c’est en soliloquant à Shitõ que j’ai compris et réalisé ce qu’il me faut était là tout prêt de moi, que son ombre enveloppait mon aura mais je le voyais pas, n’attendait rien que moi mais je le savais pas, elle me parlait, me regardait et pourtant je le voyais ni l’entendais pas, je n’ faisais que gaspiller les rimes de mes amours entre des lettres creuses et sans réponse.

Chère Femme qui m’apprendra l’amour, je sais que tu n’es pas encore là, il se peut que tu n’y sois pas, cependant, je ne m’empêche pas de te remercier pour tout ce que tu feras en entrant de ma vie, pour cette lumière que tu me donneras dans les yeux, cet été que je n’ai jamais vécu, ce coucher de soleil, cette peine lune à Mu-Nuit que tu me feras savourer, grâce à toi, j’aurai enfin la définition de L’amour et je saurai comment le décrire. S’il suffisait de dire pour le vivre je serais déjà dans tes bras en train de mourir et renaitre.