Leïra

Lettre d’incantation — une douceur dangereuse, où la Nuit devient langue et le silence, promesse.

« Étouffe-moi de ton Miel…
J’aimerais que ton Bruit vienne éblouir mon Silence… »

Leïra n’entre pas comme un souvenir.
Elle s’impose comme une atmosphère : lente, profonde, irréfutable.
Ici, l’amour ne demande pas — il enveloppe.
Il avance avec ce calme souverain
qu’ont les passions qui savent déjà comment finir.

Dans NEKYIA, certaines présences ne se nomment pas :
elles se respirent.

À toi Petite Douceur qui m’enceint le cœur, qui m’éclaire Les Ténèbres sans couleur, Lumière de mes Désirs, toi qui es le Tombeau de mes Passions, ces mots cachés, de péchés maculés, qui se fondent sous les jupes de L’Aurore esseulée, jamais dévoilés, si sur ses ailes fragiles, abattues, fatiguées et délicates un jour La Veuve en deuil dans les lueurs d’une autre jeunesse, me prend pour me faire visiter et contempler l’autre réalité, j’espère que ni les regrets de Mes Pensées ni les remords du passé ne pourraient m’occuper puisqu’aujourd’hui doucement je m’adonne humblement à la volonté de t’aimer, aux désirs d’être…, je sais que je ne pourrais jamais t’exprimer toutes les paroles infinies qui silencieusement dans mon cœur tapissent, néanmoins, je les convergent discrètement pour au moins te donner une image de tout je souhaite te dire ou ce qui m’anime depuis que Tu es, si l’orgueil du Démon m’envahit, me reflète les Morts du temps du rêve sur toutes les peintures de Vaïre, si le Tombeau voudra redevenir vierge, bannissant tout Corps dans son Cercueil, s’il voudra malgré tout rester enténébré son Sentiments, sensiblement, pas besoin de dresser un Autel à Hecate pour brûler tes sutees, au pied de la Cave étale-moi les Pétales de Rose noire et laisse leur parfum m’ensevelir. Si le dieu disons, le Personnage ne sait pas où cultiver de nouvelles notes dans son jardin de dédale afin d’accueillir les couleurs d’un nouveau printemps, si ses oreilles n’arrivent à délecter la Mélopée d’Aurora, si les Arcs-en-ciel ne décorent plus son Aura, si l’Immaturité de l’Être l’empêche d’essayer ou son Ignorance lui voile les yeux, tu lui répéteras ces paroles :  »  Si l’objet de mon amour repose sur ma blessure, il rend douloureuse, s’il repose uniquement sur mon été, cet été en dépourvu de chaleur par manque de toi qui l’anime, c’est le champ qui en pâtit, qui nourrira l’été et mon amour si ce n’est le chagrin de ton absence? Puisque mon amour et son été ne se nourrissent plus de la joie. ».

Je souhaite que ces phrases prématurées viennent se glisser sous tes yeux pour montrer tout ce que tu vaux et tu vaudras si tu continues à me vider pour me remplir de toi.

J’avais pas cessé de murmurer de Vœux sur mes Rêves le jour afin que la nuit vienne me décrire les couleurs de mes Désirs, et la Nuit peindre des Soleil sur les yeux  de mes Souhaits pour qu’ils bien au chaud, serait-ce parce-que je manquais de foi ou peu fois j’étais Homme si  une fois que le requiem est chanté il ne reste que du repos pour l’âme en Bien ou en Mal, je récitais des  » Ave… » dans mes prières, peut-on conclure que peu de foi j’avais puisque Témoin j’ai jamais été du miracle dont mon cœur n’avait point cessé d’arroser ? Le seul reproche auquel je peux faire à mon Créateur c’est de m’avoir jamais donné exactement ce que je convoitais mais plutôt ce qui me semble vraiment nécessaire, les gloires intempestives sont comme le vent, de plus, pourquoi fissa accélérer la mort?

Regarde-moi frissonner sous tes caresses lorsque de tes doigts délicats tu fais parcourir mon corps

Étouffe-moi de ton Miel, bats toi pour devenir Ëll, si tu deviens elle, je serai infichu de m’abstenir de t’Aimer avec zèle, J’aimerais que ton Bruit vienne éblouir mon Silence puisque ça fait trop longtemps que mon Silence tait ton Bruit, une Note-Algie au rythme des pas dans la Noce-Algie pour remplir de couleurs les oreilles muettes de ma Nostalgie

Devant l’azur me tenir debout, un bout d’étoile dans la main et un soleil endiablé dans le cœur, j’égrène des vers à l’eau de rose et je goutte de la rosée sur des roses en verre qui miroitent mon Âme, Petit Jardin vert-Morose, cette Étoile qui vient de naître dans les Doux-Leurres de l’Enfer, plaise au ciel qu’elle sera accompagnée d’autres Jumelles encore plus scintillantes qu’elle chaque minuit afin qu’à plus de raison  » Je t’aime » je dirai à Mi-Nuit.