L’Axiome du Cristal

Texte de loi.

Citation

« Le Choix n’est qu’un réseau de pure postériorité »

Note
Le libre arbitre est mis en doute. La structure précède le geste.

​Ô Sphère de verre, ton contenant est feint

Il te nourrit du rêve d’un germe à éclore

L’Entité s’épuise sous un hospice éteint

Comme une aiguille folle que nul aimant n’honore

La Réflexion t’enserre, elle est la Loi fatale

Elle ne renvoie que l’ombre d’un acte consommé

Le Choix n’est qu’un réseau de pure postériorité

Tu n’es que l’écho tiède d’un passé qui t’a suffi

​Ô Cristal de l’âme  Ton creux demeure stérile

Tes possibilités ne sont que lignes gravées

L’Entité se débat, sous son armure fragile

Croyant au geste vierge que le cœur a soulevé

Mais le Noyau est la Règle, il délimite l’air

Tes choix sont des matrices avant même l’éveil

L’image te convoque, elle t’observe en colère

Car elle porte le poids du futur sans pareil

​Pourtant, sous cette vitre, un frisson d’ombre persiste

Une faille inouïe où la structure vacille

Le Noyau se rétracte, et d’un battement chaste

Il rêve de déserter sa norme sans idylle

​La Sphère perçoit l’émoi, confus et non déclamé

Un souffle la pénètre et trouble sa clarté même

L’ordre s’interrompt, le cube est décliné

Et l’Ombre ose sentir l’origine de son théorème

​Mais rien ne rompt, rien  tout se referme plus loin

La rupture est une boucle, un mensonge dessiné

Ce que l’on nomme l’instant n’est qu’un spectre qui craint

D’un temps replié sur son schéma obstiné

​Ô Noyau  Ton domaine est le miroir de l’épuisement

Tu contiens chaque fin, chaque renaissance vaine

Et la Sphère, à bout de son vain déchirement,

S’y dissout au matin, redevenant l’étincelle à la chaîne