La Majesté égale — tenir sans prévaloir
Ce chant ne conclut pas par hauteur.
Il s’établit à niveau.
Ici, rien ne règne. Tout se tient.
« Ce que j’ai atteint n’est pas un sommet.
C’est un sol. »
Il n’y a plus de face
ni d’opposé
Ce qui se tenait debout
n’a plus besoin
de se comparer
Je ne regarde plus
vers ce qui fut
ni vers ce qui pourrait être
Le temps a cessé
d’exiger une direction
Ce que j’ai atteint
n’est pas un sommet
C’est un sol
Ici rien ne cherche
à prévaloir
Même la Majesté
s’est dépouillée
de son nom
Il n’y a plus
celui qui avance
ni celle qui éclaire
Seulement une justesse
sans miroir
Je ne suis pas devenu autre
Je suis devenu
sans attente
Et dans cet état sans tension
nul ne s’incline
nul ne règne
Tout
est
égal
par tenue