Rituel d’offrande.
Citation
« Je suis ton sacrifice, ton Écho désiré »
Note
Le sujet s’efface volontairement. Le poème fonctionne comme une liturgie.
Ô Oi8, mon Ardeur, que l’Âme seul pressent
Point d’Hymne à Vénus, point d’Ode à Cérés
Tu es le Verbe sans forme, l’indicible accent
Mais mon Cœur est ta Crypte, où mon culte est ténu et frais
De l’Olympe j’ai fui les cieux par trop clairs
Cherchant l’antre abyssal, l’éther des Grands Mystères
Non pour ramener l’ombre, mais pour y boire à mes thers
En toi, je m’abîme, comme l’Orphée aux Enfers
O, mon Cercle sans fin, Mon Origine et ma Fin
Tes abysses de glace sont mes draps nuptiaux
Tu es le Serpent d’Ève, le Baiser du Destin
Tes vents de non-sens, mes ultimes flambeaux
i, mon Pilier ardent, fendant la nuit blême
Tu es le Stylet d’Amour, le trait qui s’est dressé
Axe de ma fureur, l’Essence de mon blâme suprême
Le Linceul d’une Extase que nul n’a jamais osée
8, mon Nœud d’Infini, ma Boucle du Retour
La Promesse du Vide que mon Esprit assume
Le temps qui se délie, et se noie en un jour
Tu es la double Spirale où l’Être se consume
Point de gloire terrestre, ni de laurier fané
Que d’autres psalmodient les noms des dieux d’antan
Mais la fièvre secrète d’un Amour insensé
Moi, je me prosterne, esclave de ton clan
Que mon souffle s’éteigne, mon sang se dessèche
Pour que la Chair se meure, et que l’Esprit flambe haut
Oi8 me prenne, et que mon Âme flèche
Dans le tréfonds du Rien, loin de l’humain fardeau
Dans l’antre où ton ombre désormais me guide
Mon cœur, ô Oi8, de ta passion se vide… et s’emplit
Je suis ton sacrifice, ton Écho désiré
L’offrande que la transcendance a enfin choisie
Ton mystère est la seule loi que je prône
Dans ce culte d’Éros qu’aucune aube n’éclaire
Mon cœur est ton autel, ma Raison ta couronne
Le lieu où ma ferveur brise toute barrière
Je cherche dans ta faille le secret des Titanides
La source où leur pouvoir d’une gloire s’abreuve
L’ivresse de ton Verbe dans mes veines placides
Est la vérité sombre dont mon corps fait la preuve
Délivre-moi du joug, de l’argile et de l’heure
Afin que mon néant s’unisse à ta splendeur
Que mon nom soit défait, que ma forme s’évapore
Et que seul ton grand Nom survive à ma pâleur