Ichor

Naissance initiatique.

Citation

« Toi qui viens de naître au seuil du silence »

Note
La venue au monde n’est pas biologique mais symbolique. Le sujet apparaît déjà chargé d’ancienneté.

Toi qui viens de naître au seuil du silence

Éclat du Mõs, fragment de survivance

L’univers entier suspend sa puissance

Un souffle te scelle, et la nuit recommence

Avant la parole, tu portais le feu

Avant la mémoire, tu marchais vers les dieux

Ton cri déchire l’ombre où le monde se meut

Et du néant naît la rose aux pétales bleus

Les astres s’abaissent quand ton âme s’éveille

Le vent te murmure une langue trop vieille

Chaque étoile grave, sur ton front qui scintille

Le serment lumineux d’une flamme qui veille

Ô poussière d’aube aux ailes de lumière

Voyageur des gouffres, errant millénaire

Tu viens de l’Ailleurs où naissent les prières

Messager du ciel, du sol et de la mer

Ton âme chancelle, oscillant sans repos

Entre l’ombre, la cendre et les premiers flambeaux

Tu portes en toi les tempêtes et les eaux

Et mille soleils prêts à rompre les peaux

Mais garde en ton cœur la source aurorale

L’œil qui voit le Tout, l’infime, l’abyssal

Car vivre, c’est choir, renaître en spirale

C’est mourir dans l’aube et renaître en cristal

Quand tombera le soir et ses vents de poussière

Ton souffle dira dans une ultime prière

« J’étais le matin que nul mortel n’éclaire »

Alors l’univers, t’ayant vu tout refaire,

Te rendra au Rêve, au Feu primordial et clair

Toi qui viens de naître… et de braver la Lumière