Poème de l’absence.
Citation
« Un hiver d’amertume glace mon âme »
Note
Le silence n’est plus cosmique. Il devient affectif, incarné, irrévocable.
Un hiver d’amertume glace mon âme
Depuis la nostalgie de ton mutisme
Je meurs chaque nuit dans ton absence
Sous les draps froids de la mémoire sans charme
Ton silence a la couleur du ciel sans étoiles
Et pourtant j’y cherche ta voix
Comme un prêtre cherche un dieu sans voile
Dans les ruines de sa propre foi
Il fait froid dans mes os, même sous ma peau
Et les heures sans fin tombent comme des cendres
Je n’ai que ces fantômes à qui dire mes maux
Pour que la nuit ait un nom que je puisse entendre
Tes mots manquent à la lumière
Ton regard, au feu du monde
Tout devient écho, tout devient prière
Et moi, je ne suis plus qu’un souffle suspendu
Tes mots manquent au soleil, ton regard à la lumière
Tout devient écho, vide, et souffle suspendu
Mon existence n’est plus qu’une simple prière
Face au feu du monde que ton départ a perdu
Ton écho traverse les glaces du soir
Telle une onde d’argent dans le Styx du souvenir
J’avance, seul pèlerin vers ce portoir
Vers le seuil de clarté où je veux revenir
La lune me révèle un désert intérieur
Mon cœur, saint cénacle où gîtent tes serments
Je m’y prosterne, esclave de cette ardeur
Gardien des flammes qui défient les tourments
Alors j’attends, ombre nue sous le vent du silence
Que ton souffle m’accorde une ultime rançon
Car sans toi, l’aube n’est que vaine délivrance
Et l’amour, un hiver borné par l’horizon
Je me hisse à présent dans la mémoire des cieux
Où ton absence devient mon suprême éclat
Ma douleur y façonne un millier de nouveaux feux
Chaque larme est offrande au milieu de ce combat