Le serment silencieux — durer sans promettre
Ce chant ne jure rien.
Il engage sans parole haute.
La fidélité y devient une forme de tenue.
« Ce qui m’engage ne se proclame pas. »
Je n’ai rien juré devant la voix,
car tout serment meurt s’il se montre
Il naît plus sûr dans le choix étroit
où l’acte se tient, grave et sobre
Je n’ai nommé ni foi ni loi,
mais j’ai plié mes pas au rythme
de ce qui dure quand tout ploie,
loin des élans qui se dissipent
Ce qui m’engage ne se proclame pas,
il s’éprouve dans la continuité
Nul témoin, nul éclat, nul apparat :
seulement la tenue, répétée
Je n’ai rien promis à l’avenir,
l’attente affaiblit la résolution
J’ai laissé le temps me définir
par la rigueur de l’adhésion
Ainsi s’est scellé, sans parole haute,
un lien que nul regard n’exige
Le serment n’a pas pris la forme d’une faute,
mais celle d’une durée qui oblige