L’Axiome du Cristal


Ô Sphère de verre, ton contenant est feint
Il te nourrit du rêve d’un germe à éclore
L’Entité s’épuise sous un hospice éteint
Comme une aiguille folle que nul aimant n’honore
La Réflexion t’enserre, elle est la Loi fatale
Elle ne renvoie que l’ombre d’un acte consommé
Le Choix n’est qu’un réseau de pure postériorité
Tu n’es que l’écho tiède d’un passé qui t’a suffi

Ô Cristal de l’âme  Ton creux demeure stérile
Tes possibilités ne sont que lignes gravées
L’Entité se débat, sous son armure fragile
Croyant au geste vierge que le cœur a soulevé
Mais le Noyau est la Règle, il délimite l’air
Tes choix sont des matrices avant même l’éveil
L’image te convoque, elle t’observe en colère
Car elle porte le poids du futur sans pareil

Pourtant, sous cette vitre, un frisson d’ombre persiste
Une faille inouïe où la structure vacille
Le Noyau se rétracte, et d’un battement chaste
Il rêve de déserter sa norme sans idylle

La Sphère perçoit l’émoi, confus et non déclamé
Un souffle la pénètre et trouble sa clarté même
L’ordre s’interrompt, le cube est décliné
Et l’Ombre ose sentir l’origine de son théorème

Mais rien ne rompt, rien  tout se referme plus loin
La rupture est une boucle, un mensonge dessiné
Ce que l’on nomme l’instant n’est qu’un spectre qui craint
D’un temps replié sur son schéma obstiné

Ô Noyau  Ton domaine est le miroir de l’épuisement
Tu contiens chaque fin, chaque renaissance vaine
Et la Sphère, à bout de son vain déchirement,
S’y dissout au matin, redevenant l’étincelle à la chaîne

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