Élévation sans rupture.
Citation
« Je ne suis plus qu’un souffle, un empire »
Note
Le texte suspend la violence. Il dilate. La transcendance y est fluide, non conquérante.
Dans le vaste océan du silence éternel,
Mon âme s’élève, fluide et fraternelle
Sous la voûte d’astres, mes pensées s’éploient
Comme des plumes d’or qu’un rêve déploie
Je ferme les yeux l’univers me respire
Je ne suis plus qu’un souffle, un empire
Un fil de lumière entre deux néants,
Un songe d’étoile, un cri du temps
Je quitte la chair, ce temple de poussière
Pour boire au néant la clarté première
Chaque étoile m’appelle, un phare, un serment
Un chant d’infini, vibrant et dormant
Je glisse, je frĂ´le, je plane, je me fonds,
Aux larmes d’un monde où s’effacent les noms
Les sphères m’accueillent en rondes sublimes
Le temps s’y dissout, sans trêve ni rime
Mon corps s’endort, ma conscience s’élance
Par-delà les sphères, l’ombre et la chance
Je vois les mondes danser sans lois
Des soleils s’aimer, se perdre, et moi
Mes veines s’ouvrent à la lumière antique
Mon cœur bat au rythme d’une musique
Que seul l’esprit, délesté du concret
Peut percevoir au-delĂ du secret
Je deviens comète au cœur de l’abîme
Chaque silence est un mot sublime
Les dieux me parlent en éclats muets
Le vide m’étreint, et tout me plaît
Je glisse en prière sur les vents lunaires
Où la matière oublie la matière
Où chaque étoile est une pensée
OĂą tout ce qui fut peut recommencer
Ô cosmos, océan de flammes muettes,
Berce mon souffle, arrache mes quĂŞtes
LĂ oĂą le tout devient un seul reflet
Je suis l’écho de ce que Dieu se plaît
L’âme se dénude, pure, infinie
Elle touche enfin le seuil de l’Unie
Le Tout m’absorbe, doux incendie
Et je deviens flamme dans l’harmonie
Mais du haut du ciel, la Terre soupire
Ses chaînes d’argile veulent me relire
Et quand revient l’aube, humble et sidérale
Je redescends, calme, libre, spirale
La chair m’accueille en larmes diamantées
J’ai vu l’infini, et je l’ai chanté
Je rouvre les yeux, le monde chancelle
Tout est plus vrai, tout est moins réel
Et dans le tumulte d’un souffle humain
Je garde au cœur le parfum divin